Les grands héros portent le fardeau du voyage non pas sur leurs épaules, mais dans leur coeur. Celui du roi a été corrompu et la course pour devenir son successeur a commencé. Ne te laisse pas tromper par la beauté du monde d’Armello. Ce lapin marchand que tu trouvais si mignon va te couper la gorge au tour suivant. Cette oursonne druidesse vertueuse en début de partie s’est laissée pervertir par les arts occultes.

Il n’y a ni bien, ni mal, seulement ceux prêts à saisir leur chance au jeu du trône.




JET DE DES ET CARTES EN MAIN

Armello est un jeu de plateau numérique. “Qu’est-ce donc que cette diablerie ?” me rétorques-tu. Et bien comme pour notre bon vieux Monopoly ou autre Cluedo, on y retrouve des joueurs, un plateau de jeu, des cartes, des dés, de l’action au tour par tour, des figurines et des fiches de personnages. Les ingrédients de base d’une bonne partie en somme. A la différence près que ça se passe devant un écran.

Dans Armello, quatres joueurs incarnent divers protagonistes qui auront la lourde tâche de renverser le roi. Mais attention ! Une seule place est disponible sous la couronne et les amitiés n’y survivent pas longtemps.
Une fois passée la phase d’apprentissage, c’est avec un immense plaisir que j’ai pris part à des parties endiablées. Les joueurs ne manquent jamais d’inventivité pour te pourrir la vie et les retournements de situations sont omniprésents. Un petit conseil, ne relâche jamais ton étreinte sur la couronne sous peine de sanction immédiate. Les aficionados de techniques fourbes y trouveront leur compte tandis que les fins stratèges sur le long terme prendront leur pieds. Très vite, il sera facile de différencier le néophyte du maître à travers la gestion de tous les paramètres ainsi qu’une bonne connaissance du jeu.

Le monde d’Armello resplendit merveilleusement bien à la lumière du soleil. Mais comme le jeu nous l’apprend si bien, une part d’ombre sommeille en chacun d’entre nous.



PSYCHOLOGIE DE COMPTOIR

Cela t’est sûrement déjà arrivé. Tu fais une partie de La Bonne Paye et alors que tu ne t’y attends pas, ta petite cousine toute timide passe en mode berserk sans épargner tes fringues ni ta maman. Et bien, j’ai une théorie personnelle qui veut que le jeu révèle une partie de la personnalité de chacun. Plus précisément les stratégies de jeu que les personnes utilisent. Oui, je sais même un magazine pseudo féminin de seconde zone n’aurait pas osé. Quelqu’un de calme et réfléchi choisira la voie de la patience et attendra son heure. Une personne plus expressive et spontanée optera pour du court terme. Un manque de confiance en soi forcera les joueurs à prioriser la sécurité et ces derniers ne prendront pas beaucoup de risques. Tandis qu’un excès de confiance mènera à l’inverse. En bref, c’est très loin d’être une vérité absolue mais j’adore étudier les gens pendant qu’ils jouent.

Ma plus grande déception vis à vis d’Armello vient de là.
Les interactions sociales étant limitées à des phrases pré-enregistrées, il est impossible de dialoguer correctement. Je comprends le point de vue des développeurs qui ont opté pour la carte de la sécurité afin d’éviter les dérives dues à internet mais ce faisant, ils perdent une grande partie de ce qui fait le sel de ce genre de jeux.



LES COPAINS D’ABORD

Je suis un grand fan de jeux en réseau. Pour la simple et bonne raison qu’ils me permettent de jouer avec mes amis, peu importe la distance qui nous sépare. J’ai eu une grosse période où je me connectais à heure fixe pour y retrouver la même bande de copains avec qui je plongeais au coeur d’une bataille devenue notre terrain de jeu.

Etrangement, je m’intéresse de plus en plus à l’univers des jeux de plateau : je suis toujours partant pour en essayer un nouveau, j’écoute des podcasts qui en parlent et j’agrandi doucement mais sûrement ma ludothèque. Au bout de quelques temps, je me suis posé la question. Mais pourquoi ? J’ai toujours aimé ça mais de là à y consacrer plus que mes dimanches pluvieux...

Et bien, une mini introspection plus tard, j’ai la réponse : les copains (et le saucisson).
Nos vies étudiantes sont, hélas, derrière nous et notre vie active ne fait que commencer. De nouveaux boulots, des emplois du temps incompatibles, la mise en couple ou le manque d’argent sont autant de facteurs qui ont raréfiés les soirées. Cependant, un équilibre semble s’être installé et depuis quelques temps on se retrouve de plus en plus autour d’une table pour jouer mais aussi discuter, picoler et rigoler. Cela rappelle pleins de souvenirs tout en créant d’autres. What else ?