Lassé des jeux mobiles de type arcade qui consistent à obtenir le meilleur score possible pour te vanter devant tes potes en soirée? Ou bien de ceux qui te sollicitent pour effectuer des missions journalières et pour lesquels tu n'avances pas d'un iota sans mettre la main à la poche?

Je t'invite vivement à essayer cette histoire intéractive qui a le mérite de te faire voyager vers des horizons peu courants dans le domaine vidéoludique !




VOUS AVEZ UN NOUVEAU MESSAGE...DE L'ESPACE !

Lifeline consiste à aider le personnage Taylor à survivre sur une Lune inconnue suite au crash de sa navette spatiale. Même si le scénario semble s’y prêter au premier abord, je ne dispose d’aucun arsenal à gros calibre. Ma seule arme : les mots.

De ce fait, le gameplay se résume à choisir la réponse que je souhaite donner aux interrogations de Taylor tout le long de l’aventure. Il va de soi que selon la réponse envoyée, la tournure des événements change. Chaque action qu’effectue Taylor prend du temps, que cela consiste à fouiller une pièce ou se déplacer d’un endroit à un autre, je me retrouve pendant de longs moments à attendre que le jeu me fasse un signe. Contrairement à mes habitudes de gamer, ici, c’est le jeu qui rythme mes phases d’action. L'interface de ma conversation avec Taylor est mon unique écran de jeu. Pas de carte pour me repérer, pas de visuel pour m’aiguiller dans mes choix. Mon imagination et mon instinct devront s'en occuper eux-mêmes !

Les seuls éléments dont je dispose sont les descriptions délivrées par Taylor au comportement déroutant tant le dialogue qui s’installe entre nous deux semble réel.



UNE EXPÉRIENCE HUMAINE

Il n'est pas forcément nécessaire d’avoir des graphismes époustouflants pour rendre un personnage de jeu humain. Entre les répliques cyniques, les coups de gueule et les blagues nerveuses, on retrouve chez Taylor un panel assez large de sentiments qui caractérisent si bien le genre humain.

De longues minutes s’écoulent se transformant en quarts d’heures depuis mon dernier choix. Je deviens anxieux d’être sans nouvelle de Taylor. Je regarde à intervalles réguliers mon téléphone jusqu’à ce qu’une notification me signale que Taylor m’a envoyé un nouveau message. Car oui, le jeu joue légèrement avec nos nerfs à nous faire attendre pendant que Taylor exécute ma dernière décision. C’est drôle comme je me prends d’affection pour un personnage fictif dont je ne connais seulement que le prénom. C'est bien plus qu'un jeu, c'est une sorte d'amitié par correspondance. Sans visage, ni voix, aucun indice dans ses messages me laisse supposer si j’ai affaire à une femme ou un homme mais la nature humaine au fond de moi me pousse à dialoguer avec cette personne pour lui venir en aide. Et pourtant, c’est avec les plus grandes précautions que j’essaye tant bien que mal d’extirper mon ami imaginaire de son enfer.



UNE BOUFFÉE D'AIR DANS L'ESPACE

Même si l’histoire est assez courte, le gameplay m’a offert de longues heures de jeu (à moins d’être accroché à son téléphone 24h/24) ponctuées par un suspense bien dosé. Le système de retour permet en cas de fin tragique de changer de décision à n’importe quel moment passé de l’histoire. De plus, le mode turbo annule le temps d’attente entre les différentes actions réalisées par Taylor pour éviter de se re coltiner les dialogues déjà connus.
En définitif, Lifeline m’a dépaysé et transporté à des années lumières de mon quotidien de gamer.