Il était une fois l'âge des anciens, un monde recouvert de brumes, d'immenses arbres et d'immortels dragons.

Puis les grandes âmes des seigneurs sortirent des flammes. De cette étincelle naquit la diversité ce qui engendra une guerre pour l'avènement du feu.

Cependant, la flamme commença à vaciller et l'âge des ténèbres approcha.

Pendant cette période de transition, un mort-vivant s'éveilla loin de tout repère : c'est nous.




BEAUCOUP DE BRAVES POUR PEU D'ÉLUS!

De manière générale, je ne suis pas de ceux qui recherchent la difficulté dans un jeu. J’apprécie que ce dernier me donne du fil à retordre mais je ne vise pas le high score ou l’achèvement de toutes les quêtes annexes pour estimer le jeu terminé. Mes motivations à me vouer corps et âme à un jeu sont souvent poussées par une intrigue à rebondissements, une patte artistique à couper le souffle ou une ambiance envoûtante... ce que Dark Souls ne semblait pas me proposer à première vue. A travers tout ce que j’avais pu lire et entendre autour de moi, j’imaginais les jeux de la licence Souls comme étant uniquement des cibles de premier choix à ajouter à son tableau de chasse d'hardcore gamer. La plupart de mes amis s’étant frottés à la bête ont vu leur expérience de jeu se terminer dans les larmes et le sang au bout de seulement quelques heures de jeu. Face à ces récits troublants, je ne m’imaginais pas faire mieux qu’eux !

Mais voilà qu’au détour d’un week-end pluvieux et d’une jolie promotion sur Steam, je me suis néanmoins décidé à tenter moi aussi ma chance dans l’univers impitoyable de Dark Souls , par pure curiosité...



PAS DE REPOS POUR LES HÉROS

On m’avait prévenu que le jeu ne me ferait pas de cadeau, aussi je me retrouvais à sursauter au moindre bruissement de feuille et tintement de métal faisant penser à une attaque imminente venue d’un angle mort. Les premiers pas dans le jeu mettent en avant deux sensations pourtant contradictoires qui ne cessent de s’entretenir tout au long de l’aventure : l’alternance entre une forme de claustrophobie et de vertige que je t’expliquerai plus tard.

Au fur et à mesure que je m’habitue au jeu, cette angoisse m’est vite devenue une source de motivation et d’engouement pour l’exploration tandis que mes morts se succèdent avec chacune leur lot d’amertume et de déception. En effet, il est impossible de ne pas mourir dans Dark Souls tout simplement car la mort est ta meilleure arme. La mort t’apporte le savoir !
C’est à force de tomber sous les coups ennemis que tu apprends à lire leurs mouvements et à exploiter leurs faiblesses pour leur mettre le genou à terre. Cependant, j’ai appris à mes dépens que ce savoir a un coût : le stresse et l’énervement lorsque je meurs deux fois d’affilée et que je vois disparaître sous mes yeux une quantité phénoménale d’âmes. La plupart des morts me rappellent à quel point la patience et la persévérance sont mises à rude épreuve dans ce jeu !

Heureusement, tout se paye ! Malgré les difficultés rencontrées, je ne peine pas tant que ça à progresser dans les différents tableaux qui se présentent devant moi. Je passe d’une forêt à des remparts puis d’un souterrain à une cathédrale sans même me rendre compte que j’ai passé l’heure de manger. Selon moi, le plus dur dans ce jeu, ce n’est pas de le terminer, mais de le commencer. Je te l’accorde, toi qui a peut-être abandonné trop vite le voyage, le joueur est complètement lâché dans la nature dés le début du jeu. C’est sur les conseils de mon frangin et quelques lectures sur le net que j’ai pu saisir les bons réflexes à adopter rapidement afin de faire face aux défis qui m’attendaient par la suite. Trop habitués à être pris par la main, les joueurs ont tendance à se sentir vite trahis par cette dureté omniprésente dans Dark Souls qui finalement peut être vue comme une leçon de vie. Tu te prends des gamelles ? Qu’à cela ne tienne ! Tu te relèves et tu repars de plus belle avec cette expérience acquise pour ne pas répéter les mêmes erreurs.



UN CONTE SANS NARRATEUR

Le charme qui se dégage de Dark Souls repose en grande partie sur son univers.

Pourtant, lorsque j’ai lancé le jeu pour la première fois, je me suis senti comme Moundir : complètement perdu après avoir été largué sur une île sauvage.
Une fois la cinématique d’introduction passée et ses quelques bribes de background assimilées, il faut se débrouiller seul pour comprendre le monde qui nous entoure et sa logique. Car oui, malgré ceux à qui cela déplaît, Dark Souls possède ses propres règles et raisonnements.
C’est de cette originalité que va se nourrir le jeu pour nous étreindre dans son atmosphère.

Un point important, n’oublie pas que tu es seul.
Et en plus d’être seul, tu es petit. A tel point que l’environnement prend un malin plaisir à te le rappeler constamment en te plongeant dans un univers aux proportions démesurées : que ce soit par la présence de châteaux situés au sommet de montagnes ou par l’aspect gargantuesque des monstres. L’accent est mis sur la vulnérabilité de ton personnage au fur et à mesure qu’il traverse l’histoire.

Pas de narrateur ni de fée bavarde pour te guider vers ton prochain objectif. La curiosité sera ton principal moteur à travers l’exploration de ce monde. C’est ce mélange entre sentiment de découverte et d’appréhension qui fera le sel de ton aventure. Quel plaisir de découvrir une forêt enfouie au fond des ruines d’un château ! Quel enfoiré ce développeur qui jugea bon de mettre un piège aussi fourbe juste après un boss !

Au cours de ma progression dans le jeu une question vient fatalement tarauder mon esprit : Mais qu’est-ce que je fous là? L’univers étant aussi riche que nébuleux, il est normal d’être perdu. Cependant, et c’est là où le coup de génie opère, l’histoire n’est pas contée ouvertement au joueur mais de façon plus subtile. Que ce soit les lieux, les personnages et même les monstres, tous ont une histoire et une raison d’être. A partir de là, c’est à toi de réfléchir, de mettre en relation, d’étayer les récits pour te faire une idée de plus en plus précise de ce qui t’ entoure. Certaines quêtes annexes n’auront que peu de répercussion alors que d’autres viendront renforcer les légendes environnantes.

En définitive, notre imagination est mise à rude épreuve, tout autant que notre travail d’investigation. Une chose est sûre, c’est un réel plaisir que d’évoluer dans une fable.



VOUS ÊTES MORT!

J’aime bien la beauté brute qui peut ressortir d’un nez cassé. Dark Souls c’est un peu ça. Le jeu n’est pas exempt de défauts mais en passant outre, son charme agit par la sincérité de ses ambitions : offrir au joueur une ambiance originale. Que cela passe par le background ou le gameplay, on sort des standards du genre actuel. En dépit des aspérités qui peuvent venir te rebuter en premier lieu, je n’aurais qu’un seul et unique conseil à te donner : RETRY !