Il n’y a pas si longtemps encore, il était difficilement imaginable de créer un jeu indépendant dans sa chambre et de le diffuser au grand public.
Mais les temps ont changé !
La nouvelle forme de mécénat qu’est le financement participatif a vu le jour depuis une dizaine d’années afin de faciliter la réalisation de démarches créatives et il ne tient qu’à nous d’aider les créations de demain.




LE NOMBRE FAIT LA FORCE DU FINANCEMENT !

C’est en naviguant sur un site communautaire que j’ai découvert la campagne de financement du jeu Hyper Light Drifter. Un trailer plus tard, me voilà complètement sous le charme ! S’en est suivi d’un petit allégement de mon compte en banque qui me donna le titre de “Drifter” (contributeur en l'occurrence) gonflant les rangs des 24 149 autres personnes ayant été également séduites par le potentiel du jeu.

Hormis le trailer de départ, je ne me suis autorisé aucune autre information concernant le jeu afin de garder la surprise totale. Connaître le type de gameplay et l’univers graphique me suffisait amplement. Alors que nous sommes à l’heure du teasing à outrance (On en est arrivé à voir des teasers de trailer...), il était hors de question pour moi de suivre l’habituel matraquage marketing et mettre un peu de calme dans ces tempêtes de 140 carractères fut relaxant.

A quelque chose, malheur est bon. Le dévelopement du jeu a pris une bonne année de retard. Cela m’a permis d’oublier le jeu dans un coin de ma tête et de suivre le cours de ma vie normalement. C’est en apprenant sa sortie imminente que le jeu me revint à l’esprit et fit resurgir toute l’excitation des premiers jours pour lui. Parfait !

Et donc nous y voilà ! Installation, lancement, petite configuration de la manette, nouvelle partie : GO !



ENTHOUSIASME...

Après une cinématique qui pose une ambiance énigmatique, me voilà à promener le héros dans tous les sens. La plupart des ingrédients qui ont fait le succés des RPG sont présents : inventaire d’équipement, amélioration de capacité et carte du monde à découvrir. Tout cela présage que du bon et me fait penser que de longues heures de jeu m’attendent dans l’accomplissement de ma quête.

Les décors offrent de multiples cachettes et je comprends vite que l’exploration des zones cachées sera au coeur du gameplay.
Les actions du personnage quant à elles, sont instinctives et les combats promettent d’être bien nerveux. Une fois le tutoriel de circonstance terminé, les quatres points cardinaux étant terra incognita, je peux aller où bon me semble : c’est ça l’esprit de l’aventure !

Pour ma part, je me lance à l'ascension du nord. Mon périple sera ponctué d’affrontements de monstres, d’exploration et de jeux d’adresse pour finalement vaincre le premier boss, clôturant ainsi la zone. C’est le schéma classique qui se répètera dans les autres niveaux, chacun ayant un thème et des spécificités propres.

Mes premières impressions sont plutôt bonnes mais [SPOIL] elles n’ont pas duré.



... ET DÉCONVENUE

Il ne m’aura fallu que 7 heures pour finir l’histoire en m’attardant parfois à récupérer des bonus dans certains niveaux. Je dois avouer que les deux dernières (et encore...) m’ont laissé une impression de pénibilité extrême. J’en avais marre d’avancer en rasant tous les murs à la recherche d’un passage dérobé, marre de devoir fouiller toutes les caisses sous peine de rater une amélioration et enfin marre d’évoluer à l’aveugle dans un scénario que je ne comprends pas.

Passé la moitié du jeu, je pensais être victime d’une blague de mauvais goût et attendais à chaque instant un retournement de situation, une lumière au bout du tunnel…Mais elle ne vint jamais. Terrasser le boss de fin n’y changea rien et beaucoup de questions restent sans réponse.

L’excitation des premières heures a vite laissé place à un vide par rapport à mes nombreuses attentes.



LA PROMESSE

Le jeu n’est pas mauvais, loin de là, mais…
Mais malgré toutes les qualités que je peux lui trouver, pour moi, contributeur et avant tout joueur, je trouve qu’il lui manque quelque chose d’essentiel : la promesse tenue. Un sentiment de frustration, voir de trahison n’a fait que croître au fil des heures passées sur le jeu. Je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui me gênait jusqu’à ce que je revisionne le trailer pour le financement participatif. Et là tout est devenu limpide : la vidéo offre énormement de possibilités aussi bien pour le scénario que le gameplay. Je retombe aussitôt sous le charme comme lors du premier visionnage.

En participant au projet j’avais signé pour toutes ces belles promesses cependant j’ai finalement eu l’impression de jouer à une version non aboutie du jeu. Maintenant je sais d’où me vennait cette insatisfaction.